Imela (5)
Imela fit entrer le Sorcami et son compagnon dans la maison en ruine où elle avait établi son quartier général lorsqu’elle séjournait à Cersamar. Le bâtiment ne lui appartenait pas, bien sûr, mais personne n’était jamais venu lui réclamer quoi que ce soit, et elle doutait que son propriétaire soit encore vivant. De plus, cette maison se trouvait bien loin des quartiers encore considérés comme habitables. Elle était située au Nord de de la ville, non loin de l’endroit où le rayon céleste d’Oeklos avait frappé les murailles pour la première fois. Les ruines du mur qui l’entouraient le repère d’Imela le cachaient aux regards. Cela offrait un niveau de discrétion qu’appréciait tout particulièrement la capitaine du Fléau des Mers.
Imela (4)
Shari marchait avec circonspection, surveillant en permanence ses arrières. Même avec la capuche qui lui couvrait la tête, quelqu’un aurait pu la reconnaître dans la foule dense qui sillonnait la Grand-Rue du port de Spemar. La jeune femme tenait avant tout à éviter de croiser des patrouilles de gardes impériaux. C’était un comble pour un membre de la famille impériale de Sûsenbal de devoir se cacher de ses propres sujets, mais si un garde soupçonnait sa présence, c’en était fini d’elle et de tous ses projets.
Imela (3)
Djashim rabattit le col de son manteau sur son cou. L’air extérieur était chargé d’une humidité glaciale qui le faisait frissonner. Le sol couvert de neige crissait sous ses pieds, et il sentait le froid à travers ses bottes. Autour de lui résonnait le bruit de pioches frappant des pierres gelées. Les ouvriers étaient encore au travail, malgré l’heure tardive. Pas de repos quand on construisait pour Oeklos. Djashim avait déjà vu certains de ces hommes se tuer littéralement à la tâche, espérant ainsi apporter une maigre subsistance à leur famille. Le jeune homme refoula ces pensées et se mit à regarder le ciel. Comme toujours, il était plus noir que du charbon. Cela faisait quatre ans que le soleil ne s’était pas levé sur l’île de Lanerbal, et l’obscurité lui était à présent aussi familière que le vent froid qui soufflait en permanence.
Imela (2)
La “ville” de Cersamar n’était à présent guère plus qu’un village. Oubliée la grandeur passée qui avait fait de ce port l’un des plus grand du continent d’Erûsard. Même les comptoirs commerciaux des royaumes des Nains étaient plus vivants que Cersamar. Ravagée par les deux batailles dont elle avait été le théâtre, et la famine qui avait résulté de “l’Hiver sans Fin”, l’ancienne cité avait perdu plus des trois quarts de sa population.
Imela (1)
- Faites monter les tireurs d’élite sur les plateformes des mâts, lieutenant, ordonna le capitaine.
Imela s’exécuta sans perdre un instant. Elle courut vers le maître d’arme qui était déjà en train de beugler des ordres à ses hommes, et répéta les paroles du maître du Fléau des Mers_. La jeune femme faisait de son mieux pour ne pas penser aux formes menaçantes des Raksûlaks qui tournoyaient dans le ciel au dessus du navire. Le maître d’armes, quant à lui, n’arrêtait pas de lever les yeux vers la voûte céleste. Il écouta à peine Imela lorsqu’elle lui transmit les instructions du capitaine. Il la salua quand elle eût fini, indiquant qu’il avait compris, et la jeune femme se dépêcha de reprendre sa place sur le château arrière._