Résistance (4)

Résistance (4)

Le sable de la plage était gris et froid. L’amiral Omasen avait fait débarquer les troupes d’Omirelhen dans une petite crique à moins d’une demi-lieue du port d’Omirelhen. La marine du royaume était efficace et rompue à ce genre d’exercices, et il ne fallut pas plus de quatre heures à tous les navires pour débarquer les 10 000 hommes de la brigade que dirigeait Sûnir.

Tous, grisés par la victoire qu’ils avaient obtenu dans la mer d’Omea, semblaient anxieux de partir au combat. Shari avait débarqué avec les dernières troupes, accompagnant le chirurgien qui n’avait pas voulu quitter ses hommes.

La brigade avait déjà commencé sa marche vers la ville de Thûliaer. Les hommes, poussés par Sûnir, que Shari savait être à l’avant de la colonne avançaient au pas de course. Shari, marchant lentement dans ce sol vaseux avait du mal à comprendre la hâte que semblaient éprouver ces soldats. Elle savait que nombre d’entre eux risquaient de finir sous le scalpel du chirurgien ou, pire encore, mort dans un champ, les yeux vitreux. Cette pensée l’attristait terriblement.

Il fallut une heure à Shari pour atteindre l’endroit où les troupes s’étaient rassemblées, non loin des portes de la ville. Elle aidait le chirurgien à installer son hôpital de campagne quand elle vit un cavalier passer au milieu des troupes se trouvant autour d’elle. Le cavalier, un jeune capitaine, criait :

« Les Sorcami sont à l’intérieur de la ville, mais des Setirelins résistent encore. Nous allons attaquer sans plus attendre. Préparez-vous ! »

Chaque bataillon devant lequel le cavalier était passé levait alors ses bannières. Bientôt une forêt colorée de sirènes couronnées s’éleva au dessus des hommes. Shari se devait d’admettre que la force amassée sur la plaine menant a Thûliaer était impressionnante, et que même les guerriers les plus endurcis ne pouvaient que la craindre.

La jeune fille vit alors au lointain un cavalier à l’armure dorée qui paradait devant les troupes de tête. Les hommes acclamaient chacun de ses passages, et Shari sut qu’il s’agissait de Sûnir. Elle ne pouvait, de si loin, entendre ce qu’il disait, mais, lorsqu’il cabra son cheval, l’épée au clair, elle comprit que l’assaut venait de commencer.

Les troupes s’ébranlèrent lentement mais commencèrent à avancer de plus en plus vite. Et bientôt, les bannières se confondirent toutes dans le lointain, alors que les hommes passaient la porte de Thûliaer.battle-of-lexington-large