Nemosor (8)

Nemosor (8)

On s’approchait de midi, et Dafakin était particulièrement animée à cette heure de la journée. Des groupes de mages et d’étudiants allaient et venaient en discutant de leurs travaux, en quête d’un endroit où manger. Il était facile de se fondre dans cette foule, et Nemosor avait de plus en plus de mal à suivre Egidor. Le seul avantage pour lui était qu’il ne risquait probablement pas d’être vu. Egidor ne faisait d’ailleurs que très peu attention à ce qui l’entourait, avançant rapidement avec un regard déterminé. Il menait Nemosor vers un endroit de la ville que l’étudiant ne connaissait que très peu, un complexe d’habitations réservées au personnel d’entretien des locaux de l’université. Nemosor se demandait d’ailleurs ce que son ami pouvait bien y faire : la plupart des étudiants évtaient cette zone de la ville qui ne recelait aucun intérêt particulier.

La foule se faisait d’ailleurs de plus en plus clairsemée, à tel point que Nemosor devait maintenant se cacher pour éviter d’être aperçu par son ami. C’était l’occasion pour lui de questionner ce qu’il était en train de faire : espionner son meilleur ami n’était pas vraiment un acte honorable. Mais il avait commencé et ne pouvait pas s’arrêter là. Et quelque part c’était aussi un peu pour Egidor qu’il se devait de continuer…

Nemosor interrompit le cours de ses pensées : Egidor venait de s’arrêter devant une grande bâtisse carrée, une sorte d’entrepôt à l’allure sinistre. Il sortit de sa poche une grande clé sombre qu’il inséra dans la porte du bâtiment, et entra à l’intérieur, refermant derrière lui.

Nemosor attendit un petit temps pour voir si son ami ne ressortait pas puis se rapprocha à son tour du bâtiment. La bâtisse ne semblait avoir aucune fenêtre, et la seule ouverture que pouvait voir Nemosor était la porte par laquelle était rentré son ami.   Nemosor, ne possédant pas la clé de cette porte, décida de faire le tour de l’entrepôt. A l’arrière se trouvait une unique fenêtre au carreau brisé, et le jeune étudiant s’en rapprocha.

Des bruits étranges sortaient du carreau brisé. Risquant le tout pour le tout, Nemosor leva la tête et regarda au travers du carreau.

Egidor se tenait là, penché sur une table de travail, assemblant les pièces d’une machine étrange. Codelia se trouvait à coté de lui, une expression triste peinte sur son visage. Elle parlait à Egidor, semblant arguer un point de vue que le jeune étudiant ignorait royalement. Nemosor était trop loin pour distinguer ce qu’elle disait, mais à son regard, il devinait que ses propos devaient être d’une extrême gravité.

C’est à ce moment que Nemosor remarqua la boite se trouvant à coté  d’Egidor. C’était une lourde boite de métal marqué du symbole runique pour ‘A’. Il n’y avait aucun doute possible : cette boîte contenait de l’Adakan, probablement celui-là même qui avait été volé à l’université. Nemosor commença alors à remarquer tous les autres objets se trouvant près de son ami. Ils correspondaient pour la plupart à la description des divers objets volés à l’université. Nemosor se baissa, se retenant pour ne pas crier. C’était impossible ! Se pouvait-il qu’Egidor soit responsable de tous ces vols ? Nemosor ne voyait qu’une seule explication possible : Egidor avait été d’une manière ou d’une autre forcé à commettre ces actes par le cercle de la tunique noire. Il fallait absolument qu’il obtienne des renseignements sur ce cercle avant toute autre chose. Nemosor ne pouvait dénoncer son ami aux autorités sans comprendre ce qui l’avait pousser à de telles actions. Mais il répugnait aussi à le confronter directement, lui avouant ainsi qu’il l’avait espionné. Nemosor ne voyait qu’une solution : il devait parler à Codelia, qui devait en savoir long sur ce qui se passait.

L’heure avançait, et il allait bientôt être temps pour Nemosor de reprendre ses cours. Le jeune homme s’éloigna donc de l’entrepôt la tête embrouillée et remplie de questions. Il fallait absolument qu’il parle à Codelia le soir même. Il devait savoir ce qu’il en était réellement…