Nemosor (1)

Nemosor (1)

Quittons à présent le continent de Sorcasard, pour nous rendre sur l’île-continent de Lanerbal, et plus précisément à Dafashûn, le royaume des mages. Nous sommes en 1272 et un jeune homme venant de Sûsastel vient d’être accepté à l’université de Dafakin. Il se nomme Nemosor, et nous allons le suivre sur le long chemin qui va l’amener à devenir l’un des plus habiles mages de son époque.

C’était la première fois que Nemosor se rendait à Dafakin, capitale du royaume des mages, et la première vision qui la frappa en sortant de la plateforme du magnéto-porteur fut le dôme. La gigantesque structure nacrée couvrait complètement l’horizon, son éclat surpassant presque celui du soleil. La cité de Dafakin avait toujours exercé une grande fascination sur Nemosor. Enfant, il avait passé des journées entières à décortiquer des livres racontant l’histoire de la dernière cité de l’empire de Blûnen, témoin de la grandeur des Anciens.

Nemosor était le deuxième fils d’un couple de fermiers des alentours de Sûsastel. Rien ne le prédestinait donc à devenir un maître de la connaissance des anciens, ceux que les profanes appelaient les mages.  La plupart des habitants de Dafashûn n’accédaient en effet jamais à ce statut, se contentant d’utiliser les machines que leur fournissaient ces détenteurs du savoir.

Nemosor n’était cependant pas comme les autres enfants de son village. Dès tout petit, il avait manifesté un grand intérêt envers toutes les étranges machines qui l’entouraient, allant même parfois jusqu’à en démonter certaines, au grand dam de son père. La suite logique de cette fascination pour la technique était de devenir lui même un mage. Encouragé par ses parents, le jeune Nemosor avait donc étudié, passant des nuits entières à lire tous les livres qu’il pouvait sur la science des anciens, et avait finalement soumis sa candidature à l’université des mages de Dafakin. Il avait alors reçu par lettre un test de sélection qu’il écrit qu’il avait brillamment réussi.  Et c’est ainsi que Nemosor été admis dans ce temple du savoir qu’était l’université, lui ouvrant les portes vers une brillante carrière au sein de l’élite de Dafashûn.

L’optimisme du départ avait cependant laissé place à un sentiment d’écrasement lorsqu’il était arrivé à destination. La splendeur et la technique des mages d’autrefois était presque accablante, une véritable leçon d’humilité pour le jeune homme de dix-huit ans. Même s’il savait que le dôme de Dafakin était là pour permettre à la cité de réguler sa température et son humidité, la simple vue de la construction suffisait à lui rappeler qu’il lui restait tout à apprendre.

Alors qu’il méditait cette pensée, une voix se fit entendre derrière lui :

« Tu comptes passer la journée ici ? »

Nemosor se retourna, pour se trouver nez à nez avec une jeune fille de son âge, à la belle chevelure blonde. Surpris, il tenta de bredouiller quelques mots qui lui restèrent en travers de la gorge.

« Tu dois être un des nouveaux, reprit la jeune fille. Dafakin fait toujours cet effet la première fois. Mais ne t’inquiète pas, on s’y habitue vite. Je m’appelle Codelia, et je suis en deuxième année d’apprentissage à l’université. Et tu es ? »

« Ne… Nemosor, balbutia l’intéressé. Je ne sais pas trop où aller à présent. Pourrais-tu m’aider ? »

La jeune fille se mit à rire.

« Ah ces nouveaux ! Allez rejoins ton petit camarade là derrière, je vais vous montrer où se trouvent les logements des apprentis »

« Camarade ? » commença Nemosor, avant de se rendre compte de la présence d’un autre jeune homme à l’allure quelconque, juste derrière Codelia. Ce dernier tendit alors la main à Nemosor, se présentant.

« Salut, Nemosor. Mon nom est Egidor. Je viens d’Apiadomar. Tu… »

« Vous aurez le temps de faire connaissance plus tard, les bleus, coupa Codelia. Suivez moi, nous avons pas mal de marche à faire. »

La jeune fille se mit alors à trottiner rapidement, les deux novices à sa suite. Ils avançaient en direction du dôme. A mesure qu’ils s’approchaient de la cité des Anciens, Nemosor réalisait qu’il commençait une nouvelle vie, très différente de ce qu’il avait connu jusqu’à présent…

dafashun