La Guerre des Sorcami (9)

La Guerre des Sorcami (9)

19 août 925

Cela fait trois jours que nous courons, Loesarka et moi, nous cachant dans les hautes herbes de la plaine. Nous avançons doucement en direction du nord, et il devient de plus en plus dur de nous dissimuler aux yeux des patrouilles Sorcami, plus nombreuses. Nous nous rapprochons clairement de la cité de Gaksûrokhos, la capitale Sorcami. Je n’aime pas beaucoup cela, mais je n’ai pas d’autre choix : le sud mène vers les lignes de l’armée de Dûen, et je n’ai vraiment pas envie de découvrir le sort qui est réservé aux déserteurs.

En outre, Loesarka semble savoir où se diriger. Nous communiquons encore difficilement, mais j’ai cru comprendre qu’elle connaissait des personnes qui pourraient nous cacher à Gaksûrokhos. C’est une chance à saisir : en apprenant la langue Sorcami je pourrais essayer de me faire passer pour un de leurs esclaves humains et en apprendre plus sur eux. Cela donnerait peut-être une raison aux officiers de l’empire de ne pas m’exécuter. Un plan bien incertain, mais je n’en ai pas d’autre pour le moment.

Je dois dire que la présence de Loesarka rend bien plus supportable cette marche en territoire inconnu. La jeune femme semble pétiller d’une joie intérieure qui me redonne courage. C’est donc avec espoir que nous nous dirigeons vers Gaksûrokhos.

23 août 925

Nous avons finalement atteint les faubourgs de la capitale Sorcami. Gaksûrokhos ne ressemble en rien aux petits villages que j’ai pu apercevoir jusqu’à présent. C’est un véritable labyrinthe, un dédale de rues interminables bordées de maisons en pierre aux formes très angulaires.

Lorsque nous avons atteint les premières habitations, mon réflexe a évidemment été de me cacher, mais Loesarka m’a fait signe qu’il n’y avait aucun danger. En effet, j’ai vite constaté que la partie extérieure de la ville n’était que très peu fréquentée par les hommes-sauriens, ceux-ci ayant la plupart de leurs habitations dans la cité intérieure. Cette dernière, sorte de ville dans la ville, est en fait une gigantesque structure pyramidale, qui n’est pas sans rappeler le bâtiment se trouvant au centre des villages de la plaine, en beaucoup plus grand. Je n’ose imaginer le nombre de Sorcami se trouvant à l’intérieur.

Heureusement, nous n’avons pas eu à y pénétrer pour le moment. Les esclaves humains des Sorcami travaillent essentiellement à l’extérieur de la ville. C’est dans la demeure d’un de ceux-ci, un scribe âgé nommé Rithan, que nous avons trouvé refuge. Il est, d’après ce que j’ai compris, un parent éloigné de Loesarka. Rithan parle un petit peu le Dûeni, et j’espère pouvoir approfondir avec lui ma connaissance de la langue Sorcami.

Mon but est de connaître assez de ce langage pour me faire passer pour un des serviteurs des Sorcami et entrer dans la cité intérieure. Je pourrai ainsi en étudier les accès, une information que je marchanderai à l’armée de Dûen.

Il me faut cependant agir vite : je pense que les forces de l’empire seront aux portes de Gaksûrokhos dans moins d’une semaine. Même si je ne cautionne pas les massacres perpétrés en territoire Sorcami, j’aiderai l’armée impériale. Ce sont mes compatriotes, et je sais que certains ont autant souffert, sinon plus, que moi. Je dois donc en apprendre le plus possible sur les hommes-sauriens. Je coucherai dans ce journal mes éventuelles découvertes.