La Guerre des Sorcami (6)

La Guerre des Sorcami (6)

8 août 925

J’ai passé la majeure partie de la semaine à me cacher des patrouilles Sorcami. Les hommes-sauriens se déplacent en groupes de cinq ou six qui parcourent la région sans relâche. J’ai eu de la chance d’avoir pu leur échapper jusque là. Je commence cependant à être très fatigué et mon régime alimentaire à base de racines et d’herbes n’améliore pas beaucoup mon état. Cela fait un bon moment maintenant que j’ai abandonné ma côte de maille et le seul objet métallique que je porte est ma petite dague de voyage, qui me sert principalement d’outil pour la cueillette de ma « nourriture ».

Je n’ose allumer de feu, de peur d’attirer mes ennemis. Je n’ai pas aperçu de patrouilles d’hommes-sauriens une fois la nuit tombée, mais c’est peut-être simplement parce qu’ils savent se rendre invisibles dans l’obscurité.

Mon objectif final est de rejoindre les lignes de l’Empire de Dûen. Je ne sais pas quel sort m’attend là bas, mais tout est préférable  à la capture par les Sorcami. Les chemins menant vers le sud sont cependant tous bloqués, et j’ai du dériver vers l’est. Je suis à présent non loin d’un village Sorcami, bâti sur le même modèle que ceux que nous avons déjà envahis. La faim me tiraille tellement que je suis prêt à m’y introduire afin de voler de la vraie nourriture. J’ai repéré une petite faille dans la palissade qui entoure les habitations. A la nuit tombée, je m’y introduirai. Ce sera peut-être la fin de mon existence, mais la faim aura raison de moi tout aussi sûrement si j’attends plus longtemps…

9 août 925

J’ai réussi à rentrer dans le village. Je me suis caché dans une réserve de grains près de la grande pyramide au centre du bourg. Il s’agit probablement d’un entrepôt de nourriture pour les esclaves humains, car les Sorcami ne mangent que de la viande (c’est du moins ce que nous ont dit les officiers). Les grains d’orge entreposés ici améliorent déjà mon ordinaire et je me sens un peu mieux.

Je suis cependant coincé pour le moment. Le jour est en effet arrivé, et je n’ose me promener dans les rues de ce hameau à la lumière du soleil.

Il va malgré tout falloir que je bouge car j’entends un bruit à l’entrée de l’entrepôt. Quelqu’un approche ! La peur m’envahit mais je suis prêt à défendre chèrement ma vie. Je vais devoir ranger ce journal en espérant que cette phrase n’y soit pas la dernière…