La guerre des Sorcami (2)

La guerre des Sorcami (2)

7 juillet 925

Cela fait maintenant trois jours que nous sommes postés dans un campement improvisé le long de la rivière que nous  appelons Omirin. J’ai donc un peu de temps à consacrer à ce journal.

Le temps est maussade et froid, et pour des natifs de Dûen comme nous, il est étrange de devoir affronter la rigueur de l’hiver en plein mois de juillet. Nous n’avons pour l’instant rencontré aucun Sorcami, ni même aperçu de trace de leur présence. C’est à croire qu’ils ont déserté ce pays.

Il faut dire que ces terres sont peu attirantes, de vastes plaines herbeuses battues par les vents. Je commence à croire que ce n’est pas ici que je trouverai la richesse. Même nos officiers, vétérans de plusieurs grandes batailles, semblent se demander ce que nous faisons ici.

L’un d’eux, le lieutenant Thibel, un homme sympathique avec qui je joue régulièrement aux cartes s’est même confié à moi en ces termes :

– Je me demande, Fresil, si nous ne sommes pas en train de tomber dans un guet-apens des hommes sauriens. Ce manque d’activité de leur part ne présage rien de bon. A Niûsanif, nous avons dû nous battre pour chaque lieue parcourue et ici, aucune résistance. C’est très louche.

– L’état-major en est probablement conscient, lieutenant, ai-je répondu. N’est ce pas pour cela que nous nous sommes arrêtés?

– Je ne suis pas sûr que l’état-major sache réellement ce qu’il fait, mon pauvre ami. Ces satanés généraux sont sous la pression de l’empereur d’obtenir des résultas tangibles dans cette campagne et ils risquent de commettre des erreurs. Et c’est nous qui en ferons les frais.

Sur ces paroles peu rassurantes, le lieutenant est parti, me laissant ruminer de bien sombres pensées.

Il est à présent temps pour moi de me coucher car mon quart de garde commence dans deux heures. J’espère que demain apportera de meilleures nouvelles…