La Guerre des Sorcami (11)

La Guerre des Sorcami (11)

29 ao没t 925

Comme je l’avais pr茅vu, l’arm茅e de l’empire est finalement arriv茅e aux portes de Gaks没rokhos. Ce matin, une ligne sombre est apparue 脿 l’horizon, grandissant graduellement jusqu鈥櫭 prendre la forme de bataillons en ordre de marche. Autour de moi, les habitants humains de la cit茅 semblaient retenir leur souffle, et ils n’ont commenc茅 脿 bouger que lorsque le signal de retraite provenant de la cit茅 int茅rieure a retenti. Alors tous se sont mis 脿 courir vers la grande pyramide, dont les murs constituaient le seul rempart face 脿 l’ennemi en marche. Je n’ai cependant pas suivi ce mouvement, gardant Loesarka aupr猫s de moi dans la maison de Rithan.

Tous les humains ne sont pas autoris茅s 脿 p茅n茅trer dans le c艙ur de 聽Gaks没rokhos, et beaucoup se sont vu refuser l’entr茅e de ce havre de protection. Le spectacle de ces malheureux contraints 脿 affronter la mort m’a d茅chir茅 le c艙ur. J’ai vu une m猫re, accompagn茅e de ses deux jeunes enfants, repartir en larme vers sa maison situ茅e 脿 l’ext茅rieur de la ville.

Cela n’a fait que renforcer ma r茅solution de rejoindre l’arm茅e de D没en. Je sais 脿 pr茅sent comment acc茅der au c艙ur de la cit茅 en passant par l’aqueduc souterrain qui la dessert. J’ai donc d茅cid茅 de fournir ces informations aux autorit茅s imp茅riales, en esp茅rant qu’elles 茅pargneront ainsi la vie des humains de Gaks没rokhos.

Alors que les canons de l’empire commen莽aient d茅j脿 脿 pilonner les abords de la cit茅, emplissant l’air de bruits de tonnerres et de sifflement mena莽ant, nous avons commenc茅, Loesarka et moi, 脿 nous diriger vers la ligne de front. J’avais confectionn茅 un grand drapeau blanc 脿 l’aide de linge trouv茅 dans la maison de Rithan et je l’agitais dans l’espoir que cela emp锚cherait les soldats de D没en de m’abattre sur le champ.

Nous avons fini par arriver 脿 port茅e de voix du plus proche bataillon, et j’ai cri茅 de la vois la plus puissante que je pouvais donner :

芦聽Mon nom est Fresil Cersams没n, soldat de premi猫re classe de l鈥檃rm茅e imp茅riale. J’apporte des informations importantes concernant cette ville.聽禄

J’ai r茅p茅t茅 cette phrase 脿 m’en arracher les cordes vocales, jusqu’脿 ce qu’un officier se d茅cide enfin 脿 approcher de moi. Debout 脿 mes cot茅s, Loesarka tremblait.

芦聽Vous n’锚tes pas en uniforme, soldat.聽禄 m’a dit l’officier. 芦聽Et que fait ici cette femme indig猫ne?聽禄

芦聽Elle est avec moi, lieutenant,聽禄 ai-je r茅pondu le plus respectueusement possible. 芦聽Gr芒ce 脿 elle, j’ai d茅couvert un moyen d’infiltrer le grand b芒timent au centre de la cit茅. C’est la que souvent tous les Sorcami. Conduisez-moi vite 脿 l’茅tat-major.聽禄

Le lieutenant paraissait tr猫s jeune, et j’ai bien vu qu’il avait h芒te de pouvoir se d茅barrasser de moi. Il a donc nomm茅 deux de ses hommes pour m’escorter, moi et Loesarka jusqu’脿 la tente de l’茅tat major. Les g茅n茅raux 茅taient en grande discussion, se querellant sur la marche 脿 suivre pour prendre la pyramide. Aussi ont-ils 茅t茅 tr猫s surpris lorsque j’ai annonc茅 que je venais de passer presque un mois en territoire Sorcami, et que je connaissais un moyen d’infiltrer ce b芒timent qui les pr茅occupaient.

Certains des officiers sup茅rieurs ont bien entendu affich茅 leur scepticisme, allant jusqu’a me traiter de d茅serteur et r茅clamant mon ex茅cution et celle de Loesarka. Le g茅n茅ral Berond, commandant en chef de l’arm茅e, n’茅tait cependant pas de cet avis, et m’a demand茅 de guider une petite troupe jusque dans la pyramide, o霉 notre mission est d’assassiner le Sorkokia, si nous le pouvons.

Souhaitant pousser ma chance jusqu’au bout, je lui ai dit que j’acceptais, 脿 la condition que les humains de la ville ne soient pas massacr茅 par les troupes de l’empire. Certains officiers ont cri茅 au scandale, mais le g茅n茅ral les a fait taire et m’a promis de laisser la vie sauve 脿 tous les humains qui souhaitaient se rendre.

Je n’en demandais pas plus. J’ai donc accept茅 la mission, et je partirai des demain avec une dizaine d’hommes pour la grande pyramide. Alors que j’茅cris ces lignes, Loesarka dormant paisiblement 脿 mes cot茅s, je me rends compte du poids 茅crasant de la t芒che qui m’attend. J’ai bien peur que le sommeil ne me vienne que difficilement ce soir.