La Guerre des Sorcami (10)

La Guerre des Sorcami (10)

27 août 925

Aujourd’hui, j’ai accompagné Rithan jusque dans la cité intérieure. Nous avions convenu par avance que je devais me faire passer pour son élève, étudiant le métier de scribe afin de servir les hommes-sauriens. Ma maîtrise de la langue Sorcami est encore très imparfaite, et la prononciation de ce langage a clics est extrêmement difficile.  J’en connais cependant assez pour répondre aux questions les plus simples et passer ainsi inaperçu aux yeux des Sorcami. Ces derniers ignorent d’ailleurs pour la plupart les humains, manifestant un dédain vexant pour notre race.

Mais je m’égare. Malgré le fait que les Sorcami soient par définition mes ennemis, je ne peux que m’incliner devant leur savoir-faire architectural. La cité intérieure qui, vue de loin, ressemble à une grosse pyramide est en fait une merveille de construction. Le nombre de salles ou devrais-je plutôt dire d’habitations, est impressionnant. A chaque détour de couloir ou presque habite une famille Sorcami. Les hommes-sauriens sont logés confortablement, chaque foyer disposant d’au moins trois pièces de la pyramide pour vivre. Le bâtiment lui même est brillamment éclairé à l’aide d’ouvertures régulières amenant la lumière dans chaque recoin. Certaines de ces ouvertures donnent sur des patios remplis de luxuriantes plantes vertes entourant de petites fontaines. Ces dernières sont les points d’eaux de la pyramide, alimentés par un conduit souterrain.

De par sa nature, la cité intérieure est facile à défendre, car seules deux entrées sont directement accessible à des assaillants éventuels. Mais cet avantage peut aussi devenir un inconvénient : la cité ne peut pas être évacuée rapidement. Rithan et moi n’avons pas risqué de nous approcher du cœur de la cité ou se trouve le Sorkokia, sorte de roi Sorcami, et ses troupes. Mais je ne désespère pas d’y parvenir demain. Si j’arrive à mémoriser le chemin jusqu’à cet endroit, je pourrais peut-être y guider un petit nombre d’hommes de l’empire camouflés en esclave et éliminer le Sorkokia, réduisant ainsi tout risque de massacre. C’est du moins mon secret espoir et je m’y accroche comme si ma vie en dépendait.

Je n’ose encore en parler à Loesarka. Elle comprend en effet de mieux en mieux le Dûeni, et notre relation a grandement mûri depuis notre fuite. Je ne souhaite donc pas mettre en péril le lien d’amitié qui nous unit à présent en évoquant l’assassinat de ses anciens maîtres. Il faudra cependant bientôt que je lui explique mes intentions car l’armée de l’empire devrait être là d’ici quelques jours…