Hînkon ardayn (19)

Hînkon ardayn (19)

La tombe était scellée ! Ou, plus précisément, Wicdel n’avait devant lui qu’un bloc de pierre grise uniforme, sans aucune ouverture ni poignée d’aucune sorte. Comment savoir s’il y avait quelque chose à l’intérieur de la tombe s’il était impossible de l’ouvrir ? La première réaction de Wicdel fut une bouffée de désespoir face à cette nouvelle difficulté, mais il se ressaisit vite. Liri’a ne l’aurait pas mené aussi loin, lui et ses compagnons, sans raison. Il y avait forcément une solution à ce problème…

Alors que Wicdel réfléchissait, Ethwinok s’était à son tour approché de la tombe, prenant bien soin de marcher lui aussi sur les motifs lumineux. Maychiri, incertain de ce qu’il avait à faire, était resté en arrière.

C’est au moment même ou l’homme-saurien mettait le pied sur le piédestal soutenant la tombe que l’impensable se produisit. Une fente se dessina sur le bloc de pierre, aux trois quarts de sa hauteur, s’agrandissant petit a petit. La partie haute de la pierre se mit alors a coulisser d’elle même, révélant progressivement son contenu.

Wicdel eut un mouvement de recul qui lui fit presque perdre l’équilibre. Il se ressaisit cependant à temps et posa les yeux sur ce qui se trouvait à l’intérieur de cette « tombe ».

Aucun reste humain n’était présent, mais le coffre de pierre regorgeait de merveilles telles que Wicdel n’en avait jamais vu. L’intérieur était rempli d’objets magnifiques tous fait de métaux rares ou de pierres précieuses. Il y avait là médaillons, vases, statuettes, bijoux, armes, d’une beauté incomparable. Tous ces biens étaient finement ouvragés, témoignant de l’incroyable talent des artisans qui les avaient fabriqués. Et tous étaient indubitablement d’origine Sorcami. Il y’en avait là pour une véritable fortune, à en faire pâlir un seigneur de Dûen.

 

treasure

Wicdel était sous le choc, et c’est avec peine qu’il réalisa ce qui se trouvait sous ses yeux. Il avait trouvé le trésor de Liri’a ! Il avait atteint son but et découvert ce secret caché il y avait plus de trois cents ans.

Un objet attira alors l’attention du jeune homme. Il s’agissait d’un livre à la couverture de cuivre passée et qui devait être très ancien. Curieux, Wicdel s’en empara et l’ouvrit afin d’en lire la première page. Wicdel reconnut l’écriture familière de Liri’a…

« Bravo à toi, étranger. Si tu tiens ce livre entre tes mains, c’est que tu es parvenu à déchiffrer mes écrits. Tu détiens probablement déjà mon ouvrage Hînkon ardayn, qui t’a guidé jusqu’ici.

Je vais cependant te demander un effort de lecture supplémentaire, car la fin de Hînkon ardayn n’était pas complète. Je l’ai volontairement obfusquée afin que la découverte de ce trésor ne soit pas trop facile.

Tu as à présent entre tes mains la véritable fin d’Hînkon ardayn. Il est important que tu la connaisses afin de saisir véritablement la portée du trésor dont tu es à présent responsable. Je vais donc reprendre mes écrits à partir du moment où, les yeux emplis d’horreur, je suis rentrée à Sorkhoroa après avoir vu le massacre de mes anciens compagnons de voyage. »

***

Je ne me rappelle presque pas du voyage de retour vers la capitale Sorcami, tant la violence et l’horreur de ce qui s’était produit envahissaient mes pensées. La seule chose dont je me souviens avec certitude est que Lyotus m’a portée tout le long du chemin…

Ce n’est que lorsque nous avons franchi le mur d’enceinte de Sorkhoroa que j’ai recommencé à avoir une pensée cohérente. Je me suis alors rendue compte qu’il fallait que nous agissions rapidement. Dès que Riûkhlos serait rentré, il ferait tout pour nous empêcher de voir le Sorkokia…

A ce moment, la nuit était déjà bien avancée. La lune était haute dans le ciel, éclairant d’une lueur fantomatique la pyramide centrale de la ville. Détachant mon regard de cette étrange vision, je me suis tournée vers Ogirak, qui merchait juste derrière Lyotus.

« Crois-tu que nous pourrons obtenir une audience à cette heure ? » ai-je demandé.

« Je ne sais pas Liri’a. D’ordinaire le Sorkokia ne reçoit personne de nuit, mais nous ne sommes pas porteurs d’un message ordinaire. »

« Nous devons absolument le voir. Repose moi, Lyotus, je pense être capable de marcher jusqu’au palais, maintenant. »

A ma grande surprise, les gardes du palais nous ont laissé rentrer sans aucune difficulté, ouvrant grand les portes à notre simple vue.

« Il semblerait que le Sorkokia nous attend », dit Lyotus. Tous les sens de l’homme-saurien étaient aux aguets, comme s’il s’attendait à tout moment à un guet-apens.

J’avais moi même des doutes quant à l’accueil que nous réservait le souverain Sorcami. Le fait qu’il nous attende était-il un bon ou un mauvais signe ? Est-ce que Riûkhlos avait pu nous devancer ? Autant de questions qui allaient bientôt trouver leur réponse.