Combat (7)

Combat (7)

Dans la fureur du combat, Aridel en venait presque à oublier qui il était. Seuls existaient son bras et son épée, qui devenait presque une extension de son corps. Toute autre pensée était bannie de son esprit. Il réalisait à peine la présence de ses hommes à ses côtés, luttant eux aussi pour leur vie.

Les Sorcami étaient de formidables guerriers à la force surhumaine. Leurs lances acérées faisaient des ravages parmi les Sortelûns. Aridel était cependant un vétéran de nombreux combats, et sa maîtrise de l’épée était sans égale. Il réussit, évitant la lance pointée sur lui, à couper le bras d’un Sorcami qui l’attaquait. L’homme-saurien s’effondra au sol dans un râle, laissant la place à deux autres assaillants.

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Aridel jeta son bouclier à la tête du premier d’entre eux dont le crâne se mit à saigner abondamment, laissant apparaître un peu de matière cérébrale. Le second, surpris, marqua une petite pause qu’Aridel mit a profit. Utilisant toute la force de ses bras, il planta son épée dans l’abdomen du Sorcami et sa bouche s’emplit de sang. D’un geste sec, Aridel retira son épée, s’écriant :

« Ca c’est pour Sathil, ordure ! »

Mais alors qu’Aridel se tournait pour combattre un autre Sorcami qui approchait de lui, il sentit une vive douleur lui vriller l’épaule droite. Hurlant il lâcha son épée et mit les genoux à terre.

Aridel était a présent entouré par deux Sorcami, avec une blessure à l’épaule. Il savait qu’il ne lui restait pas longtemps à vivre, et, prenant son couteau de la main gauche, il se dit qu’il emporterait un dernier Sorcami avec lui avant de mourir.

Juste à ce moment, il entendit le son d’un clairon. Et à coté de lui, un cri retentit :

« Le capitaine Kalorak ! Nous sommes sauvés ! »

Et à la grande surprise d’Aridel, une marée humaine vint le submerger repoussant les hommes-sauriens. En un instant il se retrouva face à face avec un homme qu’il reconnut tout de suite.

« Eh bien on dirait que nous sommes arrivés juste à temps, dit Domiel. Et à en juger par votre état, je pense que vous allez rapidement avoir besoin de mes services de médecin. »

Grimaçant, Aridel se releva.

– Qu’est… ce qui s’est passé ? demanda-t’il d’une voix chevrotante.

– Ce qui se passe ? C’est la débandade tout simplement. Les Sorcami ont détruit tout notre campement arrière et notre artillerie à l’aide d’une arme céleste que je n’avais jamais vue. Tout l’état-major a disparu. Même l’hôpital y est passé. J’ai eu de la chance d’en sortir vivant. Le capitaine Kalorak s’est mis en tête de rassembler le plus grand nombre d’hommes possible pour repartir vers Sortel et nous parcourons les lignes pour trouver des survivants. Mais laissez moi regarder votre blessure, sinon vous ne mériterez même pas cette appellation.

Mais alors que le médecin s’approchait d’Aridel, quelqu’un se mit à hurler :

« Les Sorcami contre attaquent. Fuyez ! Fuyez pour vos vies ! »

Aridel regarda Domiel.

« Les soins… attendront, docteur. Nous ne pouvons pas rester ici. Suivez-moi ! Nous allons… redescendre le fleuve. Nous avons moins de risque de… rencontrer des Sorcami en aval. »

Et le mercenaire se mit à courir, suivi de près par Domiel.

***

Aridel courut jusqu’à ce que sa vision s’obscurcisse. Il s’arrêta alors par la force des choses, prêt à tomber par terre. Domiel le retint.

« Nous avons parcouru près d’une lieue, sergent. Il n’y a plus personne autour de nous. Laissez moi regarder votre blessure, à présent. »

Aridel n’avait plus la force de protester, et il s’adossa à un chêne tandis que le médecin s’occupait de lui. Durant ce qui lui parut être une éternité, Domiel s’affaira sur la blessure qu’il avait à l’épaule, utilisant du fil et une aiguille rudimentaire pour la recoudre. Au bout d’un moment, il dit :

– Voilà j’ai fait ce que j’ai pu. J’ai désinfecté et refermé la blessure. Mais vous avez perdu beaucoup de sang et n’êtes pas en été de marcher beaucoup plus longtemps.

– Il faut… trouver… une barge… pour… fleuve… Telmar, balbutia Aridel.

La fatigue eut cependant raison du mercenaire, et malgré son désir de rester éveillé, il finit par sombrer dans l’inconscience.