Combat (6)

Combat (6)

Shari commençait à comprendre pourquoi une aura mystique recouvrait les caves de la forteresse de Rûmûnd. L’endroit était clairement inquiétant. Il n’y avait pas d’éclairage, et Shari avait dû s’emparer d’une torche pour pouvoir avancer dans ces couloirs sombres. Il n’y avait visiblement personne dans la cave. Les serviteurs qui étaient forcé d’y aller y passaient probablement le moins de temps possible et retournaient bien vite aux niveaux supérieurs.

Shari ne pouvait pas leur en tenir rigueur. La cave était emplie de bruits étranges. Même si l’esprit logique de Shari les attribuait aux rats où autres parasites souterrains, leur présence n’était guère rassurante.
Suivant les indications de la cuisinière, Shari commença à descendre les marches d’un escalier en colimaçon. C’était comme une plongée dans les entrailles de la terre. La descente était interminable. Shari manqua de tomber plusieurs fois dans l’escalier glissant et humide.

Au bout de ce qui parut lui être une éternité, elle finit par arriver devant une vieille porte vermoulue. C’était ce que la cuisinière lui avait indiqué comme étant l’entrée du vieux cellier. Shari, prenant son courage à deux mains, poussa la porte qui s’ouvrit dans un atroce grincement et pénétra dans la salle.

Celle ci était (même si cela paraissait impossible) encore plus obscure que l’escalier qui y menait. La torche y révélait des étagères remplies de bouteilles, dont certaines semblaient si vieilles qu’elles devaient dater de l’époque du duc Friblûn, fondateur d’Omirelhen.

Passant ces casiers de bouteilles, Shari se dirigea vers le fond de la pièce. Elle sentit alors que le sol changeait de nature et devenait plus lisse. Il ne s’agissait plus de pierres grossièrement taillées, mais on aurait presque dit du verre. Etrange, se dit Shari. La jeune fille n’avait jamais vu de construction similaire. Cela signifiait-il qu’elle touchait au but ?

Le mur lui aussi était très lisse, ne laissant la place à aucune aspérité. La jeune fille se mit à le sonder cherchant quelque indice quant à sa nature.

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C’est alors que l’impensable se produisit. Comme l’avait raconté la cuisinière, le sol s’alluma soudainement, emplissant la pièce d’une lueur aveuglante.

Shari, surprise, lâcha sa torche. Il fallut plusieurs minutes à ses yeux pour s’habituer à cette lumière éclatante. Une fois sa vision adaptée, cependant, elle eut droit à fabuleux spectacle.

A la lumière du sol, le mur qui avait paru si lisse peu de temps auparavant se revela être un patchwork de motifs lumineux entremêlés. C’était absolument magnifique. Tous ces symboles semblaient dirigés vers un point central, un cercle d’un quart de toise de diamètre dont le tour était parcouru de lettres runiques.

Curieuse, Shari appuya sur l’une des lettres. A sa grande surprise, le cercle lumineux se mit à tourner lentement. Il s’arrêta lorsque le symbole qu’avait touché Shari se trouva au point le plus haut du cercle. Shari vit alors un symbole, situé au centre du cercle, se mettre à clignoter. La jeune fille, dans un accès de témérité, appuya dessus.

Instantanément, la lumière s’éteignit et un son strident retentit dans la pièce. Le bruit était si horrible que Shari dut partir précipitamment. Elle courut dans le noir jusqu’à l’escalier et remonta les marches quatre à quatre avant de s’arrêter.

Reprenant son souffle, Shari réalisa qu’elle venait probablement de trouver ce qu’elle cherchait. Le mur était clairement une construction des anciens, et le cercle lumineux un sort de protection. Il fallait absolument qu’elle en parle à maître Nidon. Peut-être saurait-il ce qu’il convenait de faire pour contrer cette magie ?